Wenn diese Seite nicht korrekt angezeigt wird
gehen Sie bitte zur Originalseite



Nucléaire iranien : la stratégie de la division - Monde - TF1 News
  • A-
  • A
  • A+
  • Version imprimable

Partager sur :

Envoyer cette page à un ami

Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

Nucléaire iranien : la stratégie de la division

Par Patricia Allémonière, le 08 février 2010 à 16h08, mis à jour le 08 février 2010 à 16:55

Eclairage - Patricia Allémonière, chef du service étranger de TF1, décrypte pour TF1 News l'attitude des Iraniens sur le dossier du nucléaire. Depuis une semaine, Téhéran fait en effet souffler le chaud et le froid auprès de la communauté internationale.

[Expiré] ahmadinejad © AFP

Mardi dernier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad abat la première carte du poker menteur qui commence. Il affirme que l'Iran n'a "pas de problèmes" pour accepter un éventuel échange de son uranium  enrichi à 3% contre du combustible. Vendredi, son ministre des Affaires étrangères, qui s'invite à la 46ee conférence de Munich sur la Sécurité, déclare qu'il s'agit d'un accord final. Mais dimanche, virage à 180° : Mahmoud Ahmadinejad ordonne  à son directeur de l'agence atomique de commencer la production d'uranium enrichi à 20%.

  • Passe d'armes à l'Onu entre l'Iran et les Etats-Unis

    En s'en prenant violemment aux Etats-Unis sur la question du nucléaire, Mahmoud Ahmadinejad a essuyé une cinglante réplique de la part d'Hillary Clinton. S'en est suivi un échange houleux entre les représentants des deux pays.

    Publié le 04/05/2010 Passe d'armes à l'Onu entre l'Iran et les Etats-Unis
  • L'Iran accélère sa course à l'uranium enrichi

    Etape supplémentaire dans le bras de fer qui oppose les autorités iraniennes aux pays occidentaux, Mahmoud Ahmadinejad a annoncé dimanche le lancement de la production d'uranium enrichi à 20%.

    Publié le 07/02/2010 L'Iran accélère sa course à l'uranium enrichi
  • Nucléaire : l'Iran s'agite, les Etats-Unis avertissent

    Téhéran a annoncé dimanche qu'il s'apprêtait à examiner la possibilité de produire de l'uranium enrichi à 20% et à construire 10 nouvelles usines d'enrichissement. Deux annonces que Washington goûte peu.

    Publié le 29/11/2009 Nucléaire : l'Iran s'agite, les Etats-Unis avertissent
  • L'Iran prêt à accepter l'offre de coopération ?

    Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, se dit favorable à l'échange de combustible proposé par les grandes puissances.

    Publié le 29/10/2009 L'Iran prêt à accepter l'offre de coopération ?
Plus d'infos

 
A l'évidence, Téhéran cherche à gagner du temps au moment où les experts et les directeurs politiques du groupe des Six tentent de se mettre d'accord sur un nouveau train de sanctions -les discussions entre les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne ont repris en janvier.

Le malentendu

L'objectif des autorités iraniennes reste inchangé. Il s'agit d'éviter un durcissement des sanctions tout en poursuivant leur politique d'enrichissement.
 
Pourtant, cet automne, le monde a cru, un instant, qu'un accord allait être signé. Courant octobre, l'Iran accepte ainsi de retrouver à Genève le groupe des Six pour entamer des négociations. Téhéran fait savoir à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que son réacteur de recherche a besoin de combustible enrichi à 20%. Le 21 octobre, l'AIEA  fait une proposition au négociateur iranien : 1.200 kilos d'uranium enrichi à 3% (soit la quasi-totalité des stocks) seront livrés à la Russie qui, avec l'aide de la France, procédera à l'enrichissement. En faisant sortir d'Iran l'uranium enrichi, les négociateurs espèrent ralentir la marche en avant vers la fabrication de l'arme nucléaire.  
 
Mais, en novembre, l'offre est rejetée. Officiellement, la confiance n'a pas été établie.  En fait, à Téhéran, la classe dirigeante se déchire, la tension dans le pays est à son comble et personne n'arrive à se mettre d'accord. Les diplomates iraniens ont donc recours à une vieille technique,  celle de dire "non", tout en affirmant vouloir négocier. La communauté internationale hausse le ton et fixe un ultimatum, à fin décembre.  
 
Vers un nouveau train de sanctions
Aux Etats-Unis, le ton change. La politique de la main tendue, inaugurée par Barack Obama, est abandonnée, du moins en apparence. Le 27 janvier, le président américain, lors de son discours sur l'état de l'Union, "promet" aux Iraniens des  "conséquences croissantes" s'ils continuent d'ignorer leurs obligations internationales. La France monte aussi au créneau et réclame une nouvelle résolution à l'Onu.  "Le régime iranien n'a pas voulu saisir nos offres de  dialogue. Il a au contraire poursuivi sa fuite en avant. Le moment est donc venu d'agir", déclare François Fillion en milieu de semaine dernière.
 
La Chine, l'atout maître de Téhéran
Pendant ce temps, en Iran, les hommes d'affaires chinois, mais aussi occidentaux, continuent de miser sur  les gigantesques réserves de gaz et de pétrole du pays. La Chine signe par exemple un contrat de plus de 16 milliards de dollars pour l'exploitation d'un gisement. Ce contrat fait suite à de nombreux autres. Alors, lorsque Mahmoud Ahmadinejad déclare mardi dernier qu'il n'y a finalement pas de problème pour réaliser l'échange proposé en octobre par l'AIEA, les Chinois s'engouffrent dans la brèche. Le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, de passage à Paris, estime que "ce qui est urgent, c'est de poursuivre la négociation, le dialogue". Pékin a en en fait le sens des affaires. En agissant ainsi, l'empire du milieu veut aussi montrer à Washington qu'il possède son propre agenda -les relations entre les deux pays se sont en effet tendues ces dernières semaines et l'annonce de la rencontre entre Barack Obama et le dalaï lama a profondément irrité Pékin.  

La Russie, prête à suivre les Occidentaux, infléchit également sa position. Son chef de la diplomatie, Serguei Lavrov, déclare à son tour que "si l'Iran est prêt à revenir à l'accord original, nous ne pouvons que le saluer".

La stratégie de la division 
C'est un peu le retour à la case départ. Les Occidentaux sont divisés entre ceux qui réclament des sanctions et ceux qui n'en veulent pas. Le  porte-parole de la Maison-Blanche, Mike Hammer, embarrassé, déclare que "si les propos de Mahmoud Ahmadinejad reflètent un changement d'attitude, nous sommes impatients que l'Iran en informe l'AIEA". Mais le nouveau patron de l'AIEA, Yukiya Amano, fait savoir samedi qu'il n'a reçu aucune contre-proposition de l'Iran

Les Iraniens perdent la manche
Alors que la possibilité de faire voter à l'Onu un nouveau train de sanctions s'éloigne, Mahmoud Ahmadinejad fait volte-face. Dimanche, il annonce, sous forme de défi, que l'Iran va commencer à enrichir seul l'uranium. "J'avais dit : donnons (aux grandes puissances) deux à trois mois (pour conclure un accord d'échange d'uranium). S'ils ne sont pas d'accord, nous commencerons nous-mêmes", assène-t-il. "M. Salehi, commencez la production d'uranium enrichi à 20%",  lance-t-il ensuite au chef de l'agence iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi. Un ordre qui devrait être à effet quai immédiat. "La lettre officielle de l'Iran sur le début des activités d'enrichissement à 20%, destiné à fournir du combustible au réacteur de Téhéran, a été remis à l'AIEA", a ainsi déclaré  ce lundi Asghar  Soltanieh, le représentant iranien auprès de l'AIEA.
 

La question

Nucléaire : faut-il alourdir les sanctions contre l'Iran ?

Oui
Non

 

La réaction ne se fait pas attendre. Le ministre américain de la Défense, Robert Gates, appelle immédiatement la communauté internationale à "faire front commun pour faire pression" sur l'Iran"Personne n'a tenté de dialoguer avec l'Iran plus sincèrement que le président Obama. La communauté internationale a offert au gouvernement iranien de multiples occasions de fournir des garanties sur ses intentions. Les résultats ont été très décevants", souligne-t-il lors de son passage à Rome, dimanche.
 
Résultat : six mois pour rien. L'Iran continue d'enrichir son uranium et la communauté internationale sort divisée de l'épreuve. "Ce pays a la capacité scientifique, technique et industrielle de produire des armes nucléaires. La question essentielle est donc de savoir s'il a la volonté politique de le faire" écrivait dernièrement Dennis Blair, le directeur du renseignement militaire américain, dans un rapport déposé au Congrès. C'est toute la question.

Par Patricia Allémonière le 08 février 2010 à 16:08
Partager sur :
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

    Lire tous les commentaires

        La rédaction vous recommande

        Le meilleur des émissions info de TF1 et LCI

        À ne pas manquer

        • JT OFF - Jeunes Pop', fiers d'être militants

          C'est aussi la rentrée pour les militants des Jeunes Populaires de l'UMP. Ils ont mis le feu dans les tribunes des Pyramides de Port-Marly. Une rentrée militante dans le JT OFF

        • Une équipe à la peine, des supporters refroidis

          Les supporters venus en nombre n'ont pas caché leur déception après le match perdu contre la Biélorussie. Ils avaient pourtant encouragé leur équipe jusqu'au bout dans une ambiance festive. Tout avait été fait pour redorer l'image de l'équipe de France.

        • Malouda : "De la motivation? mais ça n'a pas suffi"

          Florent Malouda, intronisé capitaine contre la Biélorussie, revient sur l'échec des Bleus lors de cette rencontre et sur les possibilités qu'a l'équipe de France de rebondir.

        logAudience